Wild Wonder story
La Gorgée Secrète du Baobab
Quand les premières pluies tombent sur la savane, le jeune calao Tuko découvre qu'un vieux baobab sait faire quelque chose qu'aucun autre arbre ne sait faire : boire assez d'eau pour tenir toute une longue année de soif.
La pluie arrive
Les premières grosses gouttes de la saison tambourinaient sur la savane, et Tuko le jeune calao gonfla ses plumes de joie. Depuis sa branche préférée, il regarda la pluie ruisseler en filets argentés le long de l'énorme tronc gris du vieux baobab près de son nid. « Bois bien, vieil ami », pépia-t-il, sans trop savoir si un arbre pouvait l'entendre.
Un tonneau vêtu d'écorce
« Vieille Kesi, pourquoi le baobab est-il si rond et si ridé, comme un tonneau vêtu d'écorce ? » demanda Tuko à la tortue qui se reposait à son ombre. Kesi cligna lentement des yeux et sourit. « Parce que sous cette écorce, petit, son bois est doux et spongieux, tout comme tes plumes douces. Toute cette pluie s'infiltre dans le tronc, le gonflant, le rendant plus plein et plus rond, comme une éponge qui se gorge d'eau. »
Les longs mois secs
Les semaines devinrent des mois, et la pluie cessa de tomber. L'herbe passa du vert à l'or, puis à un brun sec et craquant, et la mare où Tuko avait l'habitude de se baigner se réduisit à un anneau de boue fendillée. « J'ai soif, Kesi », s'inquiéta Tuko, regardant la poussière s'élever là où brillaient autrefois des flaques. « Reste-t-il encore de l'eau quelque part ? »
Pas une seule goutte ne fuit
Une éléphante fatiguée pressa sa trompe contre l'épaisse écorce du baobab, espérant y trouver un peu d'eau, mais l'écorce resta ferme et calme, sans qu'une seule goutte ne s'échappe. « Comment fait-il pour garder toute cette eau sans qu'elle ne fuie ? » se demanda Tuko à voix haute. « Tout au fond, l'arbre enveloppe son bois humide et spongieux dans des couches de fibres résistantes », expliqua Kesi, « scellant bien sa pluie, pour pouvoir puiser lentement dans ses réserves, tout au long de la saison sèche, un tout petit peu à la fois. »
Ombre, patience et pluie retrouvée
Chaque après-midi chaud, dès lors, Tuko trouva la large ombre du baobab remplie d'amis qui n'avaient nulle part ailleurs de plus frais pour se reposer, ses feuilles bruissant doucement au-dessus d'eux comme une promesse tenue. Des mois plus tard, quand le ciel s'assombrit enfin de gros nuages gris, le vieil arbre se tenait toujours debout, haut et plein, ayant gardé tout juste assez pour ce jour précis. « Tu as gardé ta pluie pour le moment où tu en avais le plus besoin », pépia joyeusement Tuko, déployant ses ailes vers les premières gouttes fraîches. « Tout comme je garde la meilleure graine pour le matin où j'aurai le plus faim. »